La Crêperie (site web), c’est avant tout une belle maison ancienne libanaise, perchée sur une petite falaise. En dessous, le chemin de fer passait. Et puis c’était vite la mer. Enfin, ça c’était il y a quelques décennies déjà. Cela fait déjà longtemps (construction du port moderne de Jounieh, d’une base navale et de l’ATCL), que la Crêperie ne donne plus directement sur la mer. Et ça fait bientôt vingt ans qu’il ne passe plus de train aux pieds de la Crêperie (je pense même que la voie de chemin de fer a été démantelée à ce niveau aussi. Bref, tout fout le camp…

la Crêperie, c’est aussi une très belle perspective sur la baie de Jounieh (plus de hauteur qu’à Table Fine, et un angle un peu plus large, à cause du recul).

Une adresse avec deux atouts intrinsèques. Malgré le nom et la présence de crêpes à la carte, ce n’est pas un restaurant monomaniaque (il n’aurait pas tenu aussi longtemps au Liban). en plus de galettes et crêpes (tout à fait honnêtes), on y sert des plats de mezzé, de la viande, le fameux poussin désossé et même des moules!

C’est très classique, et les surprises ou changements se font doucement, mais surement. La restauration des plafonds à l’intérieur ajoute du charme au lieu. Ce restaurant libano-européen détient probablement le record de longévité des propriétaires et gérants. C’est une adresse repère dans la région, une institution, un peu comme une vieille brasserie à Paris, où l’on va par habitude et pas seulement pour ce qu’on y mange.

La Crêperie version XXe siècle du Cheikh Fadi (El Khazen -disclaimer : une famille amie-) aura bien vécu a va bientôt bénéficier d’un coup de jeune, tout en restant dans la même famille, mais sous le contrôle d’une autre branche. Chafic El Khazen, patron du Sky Bar, reprend l’affaire (officiel depuis avril dernier, même s’il n’y a pas beaucoup de changements pour l’instant). Appliquera-t-il les même principes business qui ont fait le succès du resto-bar-club en plein air de la capitale (DJ, carte internationale efficace, clientèle qui sort pour voir et se montrer…)? Certains habitués risquent de ne pas s’y retrouver. Chafic parviendra-t-il à réveiller Jounieh et à en refaire un « spot » incontournable de la night life Libanaise en 2012?